Parc Saint Léger

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The Registry of Promise: The Promise of Multiple Temporalities


Patrick Bernatchez, Juliette Blightman, Rosalind Nashashibi, Francisco Tropa, Andy Warhol, Anicka Yi



The Registry of Promise:

1. The Promise of Melancholy and Ecology, à la Fondazione Giuliani, Rome (IT)

2. The Promise of Multiple Temporalities, au Parc Saint Léger, Pougues-les-Eaux (FR)

3. The Promise of Moving Things, au Crédac, Ivry-sur-Seine (FR)

4. The Promise of Literature, Soothsaying and Speaking in Tongues, à De Vleeshal, Middelburg (NL)

Commissaire : Chris Sharp

The Registry of Promise est une co-production Fondazione Giuliani / Parc Saint Léger, Centre d’art contemporain / Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac / et SBKM/De Vleeshal.


Le projet s’inscrit dans PIANO, plateforme préparée pour l’art contemporain, France–Italie 2014-2015, initiée par d.c.a / association française de développement des centres d’art, en partenariat avec l’Institut français d’Italie, l’Ambassade de France en Italie et l’Institut français, avec le soutien du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, du ministère de la Culture et de la Communication et de la Fondation Nuovi Mecenati.

pianoproject.org

fondazionegiuliani.org
parcsaintleger.fr
credac.fr
vleeshal.nl

Vernissage vendredi 13 juin à partir de 18h30

14.06.2014 - 14.09.2014


Dimanche 29 juin et 14 septembre à 16h :

Visite commentée de l'exposition

Dimanche 20 juillet à 15h :

KIDCAC, atelier pour enfants avec Armand Morin.
À partir de 7 ans, 3€/enfant

Vendredi 25 juillet :

Concert noise en résonance avec le festival Bruitisme de Maxéville






« The Registry of Promise » est une série de quatre expositions–réflexions sur ce que l’avenir pourrait nous réserver ou pas. Ces expositions abordent et jouent sur de multiples et simultanées lectures du concept de promesse : anticipation du futur, maintien ou rupture de la promesse, ainsi qu’un sentiment d’inéluctabilité, positif et négatif. Une telle polyvalence revêt, en ce moment historique, un caractère particulièrement poignant. Les notions de progrès technologique et scientifique inaugurées par le Siècle des Lumières n’ont plus la cote d’antan, et nous avons abandonné depuis longtemps la vision linéaire de l’avenir qui leur était associée. Cette ancienne vision a entre-temps été remplacée – si l’on peut parler de remplacement – par le spectre menaçant d’une catastrophe écologique globale. De la promesse anthropocentrique de la modernité, nous sommes apparemment passés à une foi négative dans le post-humain. Et pourtant, l’avenir n’est pas nécessairement un livre clos. Loin d’être fataliste, « The Registry of Promise » prend en considération les différents modes du futur tout en essayant d’en concevoir de nouveaux. Tout cela dans une tentative de valoriser le potentiel de polyvalence et muabilité au cœur du mot « promesse ».

Ayant lieu sur une période de près d’un an, « The Registry of Promise » consiste en quatre expositions autonomes mais tout de même étroitement liées, pouvant être lues comme différents chapitres d’un livre. Le projet sera inauguré à la Fondazione Giuliani avec « The Promise of Melancholy and Ecology », il sera suivi par « The Promise of Multiple Temporalities » au Parc Saint Léger, centre d’art contemporain, puis par « The Promise of Moving Things » au Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac et trouvera sa conclusion avec « The Promise of Literature, Soothsaying and Speaking in Tongues » au SBKM/De Vleeshal.

La deuxième partie, « The Promise of Multiple Temporalities » au Parc Saint léger, Centre d’art contemporain répond à l’effondrement de la foi dans le progrès et à la conception singulière du temps linéaire, laquelle repose sur une autre conception du temps : multiple, contradictoire et cependant coexistante. Ici, le temps tisse sa toile dans des directions multiples, alternant moments d’expansion et haltes abruptes, tournoyant sur lui-même, ou se transformant en eau. Spécialement commandée à un horloger Suisse, Black Watch (2011), de l’artiste canadien Patrick Bernatchez, accomplit un tour de cadran non pas en vingt-quatre heures, mais en mille ans, réduisant ainsi presque à néant le cycle temporel d’une vie humaine. Là où cette œuvre utilise la montre pour étirer virtuellement le temps au-delà de la compréhension humaine, Lantern (2012) de Francisco Tropa, artiste portugais vivant à Lisbonne, nous ramène, si l’on peut dire, à la nuit des temps. Dans le cadre d’une plus vaste recherche actuellement menée par l’artiste sur les anciens instruments de mesure du temps, Lantern recrée une clepsydre – une horloge antique fonctionnant grâce au débit de l’eau régulé par un passage étroit – dont l’image est projetée contre un mur, comme une lanterne magique. Avec This World is not My Home, Juliette Blightman, artiste britannique installée à Berlin, se focalise sur deux moments de l’après-midi. A 15h, d’abord, qu’elle envisage comme un temps mort de la journée et plus tard, à 18h, qui marque généralement la fin d’une journée de travail. La pièce se compose d’une chaise à bascule posée sur un tapis faisant face à un feu devant une fenêtre. Chaque jour, à 15h, une bûche est placée dans le feu puis à 18h, la chanson éponyme de Jim Reeves, This World is not My Home retentit. The Prisoner (2008) de Rosalind Nashashibi synthétise pour ainsi dire la boucle temporelle intrinsèque au travail de Blightman. Cette installation, composée de deux projecteurs de film 16 mm alimentant la projection désynchronisée d’un même film, montre une femme qui gravit à l’infini un escalier, comme si elle était à jamais prisonnière d’un seul et même moment infernal. Dans Sleep (1963), célèbre exemple de fusion entre temps cinématographique et temps linéaire, Andy Warhol filme John Giorno, dormant, pendant cinq heures et vingt minutes. Tenzingbaharakginaeditscottronnienikolalosangsandrafabiansamuelaninahannahelaine (2013) d’Anicka Yi, artiste américaine installée à New York, s’appuie, entre autres choses, sur le sens du memento mori, qui traverse invariablement l’exposition. Pour cette installation sculpturale, Yi a frit des fleurs dans une pâte tempura et les a placées sur de la résine remplissant une série de boîtes en carton évoquant Donald Judd. Par sa nature organique, ce travail est nécessairement dialectique : instable, il évoluera au fil du temps.