En Europe, notre époque post-industrielle nous éloigne un peu plus chaque jour de la réalité matérielle et de la production des biens et marchandises. Nos objets de consommation courants, distribués via des canaux complexes dont la traçabilité nous échappe, deviennent des biens jetables à durée de vie limitée. Cependant, ces dernières années sont également marquées par un intérêt croissant des populations dans les processus de production «fait-main» comme l’artisanat, le bricolage ou le do-it-yourself. Bien que ce mouvement s’inscrive dans le contexte d’une crise économique mondiale, il fait également partie d’un mouvement de pensée plus large - si ce n’est contestataire du moins alternatif - qui propose de reconsidérer notre relation au travail et à la production.
L’exposition Manufacture au Parc Saint Léger tente de mettre à jour ce que « produire » pour un artiste signifie aujourd’hui, en regard de l’histoire de l’art mais en regard également des soubresauts de notre société.
Héritiers de l’art conceptuel tout autant que de notre ère industrielle, les artistes de Manufacture n’hésitent pas à puiser dans l’artisanat, la récupération ou le bricolage, un vocabulaire de formes, de gestes et de techniques, qu’ils inscrivent dans une pratiques actuelle et conceptuelle, évitant tout fétichisme lié à une quelconque prouesse technique. Et de fait, certains des artistes partagent une utilisation à contre-emploi des matériaux et techniques choisis. D’autres explorent les possibilités offertes par l’imprévu, l’échec, le hasard ou les accidents. Ce qui les anime dans des processus de production souvent longs, parfois laborieux, c’est la question de la pratique et comment cette pratique entraîne une forme de familiarité, de connivence et d’émancipation envers le monde.
Dans cet aller-retour entre processus artisanaux et industriels, entre matériaux contemporains et traditionnels, entre idée et forme, les artistes de l’exposition développent une approche fondée sur l’expérimentation et l’empirisme. Si le titre de l’exposition est un clin d’œil au passé ouvrier du site – autrefois une usine d’embouteillage d’eau de la station thermale, il permet également de considérer ce lieu pour ce qu’il est encore aujourd’hui, une fabrique de l’art, un chantier permanent où se pose au quotidien la question de la production de l’œuvre.
Commissaires : Zoë Gray* & Sandra Patron
* Zoë Gray est actuellement curatrice au Centre d’art contemporain Witte de With à Rotterdam.
Dimanche 19 juin à 15h
Visite commentée de l’exposition
Entrée libre
Mercredi 13 juillet dès 18h
Soirée spectacle au Parc Saint Léger
18h : visite commentée de l’exposition
19h : vin d'honneur dans le jardin Cherche la rose de Benoît Billotte
19h30 :Les balades dans l'agglo des Zaccros d'ma Rue présentent La Noce de la compagnie Humani Théâtre. Une fable drôle, féroce, impitoyable qui fustige le mariage d'après l'œuvre de Tchékhov.
La soirée continue à Pougues-les-Eaux :
21h30 : la traditionnelle retraite aux flambeaux
22h30 : bal du 14 juillet
À retrouver durant toute la durée de l’exposition :
Un choix d’ouvrages liés à l’exposition est proposé en consultation et à l’achat. En partenariat avec la bibliothèque
départementale de la Nièvre et la librairie le Cyprès.
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