Exposition
du 18 mars au 28 mai 2016

STILL LIFE

CHARLES BEAUTE & JULIETTE GOIFFON, ALAIN DELLA NEGRA & KAORI KINOSHITA, ALIX DESAUBLIAUX, MIMOSA ECHARD, LAUREN HURET, TIZIANA LA MELIA & TAMARA HENDERSON, PABLO REOL, STEPHANIE SAADE

En 2009, après avoir suivi pendant plusieurs mois différents « résidents » de Second Life (1) , Kaori Kinoshita et Alain Della Negra présentaient Life, un ensemble de vidéos qui présageait de ce qu’allait être, quelques années plus tard, leur premier long métrage. Intitulé The Cat, The Reverend and The Slave – annonçant ainsi les principaux protagonistes suivis dans le documentaire – celui-ci dévoile le quotidien schizophrénique de ces trois personnages ayant peu à peu laissé l’identité qu’ils se sont construite en ligne prendre le pas sur leur identité « IRL »(2). Second Life apparaissait alors comme un nouvel horizon virtuel permettant à ses usagers de rebooter la matrice d’une réalité qu’ils s’étaient sentis imposer pour s’en construire une autre, par le biais d’avatars complexes, davantage conformes à ce qu’ils identifiaient comme étant leurs véritables natures.

En 2016, si Second Life a perdu l’impact médiatique de ses débuts, la production d’avatars est quant à elle devenue l’affaire de tous. Internet est ainsi apparu comme l’espace privilégié d’une multiplication identitaire qui, des réseaux sociaux aux jeux en ligne, des forums de discussion aux sites de rencontre, a étendu les champs d’exploration et de construction de l’être humain. Celui-ci disperse désormais ses pensées, ses biens et ses données entre un espace physique qui constitue son environnement originel et l’immensité du web, auquel il accède par des outils toujours plus sophistiqués et efficaces.

Ce bouleversement de paradigmes, ce glissement progressif d’un monde vers l’autre, dans lequel l’organique et le technologique se soutiennent mutuellement pour ériger un nouvel horizon hybride, sont au cœur de « Still Life ». Comme un moment de transition qui, d’anticipation futuriste en constat de perte, se figerait devant nos yeux, l’exposition spécule sur les nouveaux environnements possibles d’une humanité en devenir.

Franck Balland

1 – Au terme de « joueurs », qui caractérise davantage les utilisateurs des jeux-vidéos, les usagers de Second Life préfèrent celui de « résidents », mettant ainsi l’accent sur la dimension immersive et sociale du programme en ligne lancé en 2003.
2 – IRL : « In Real Life », littéralement « dans la vie réelle »

AUTOUR DE L'EXPOSITION

PROJECTION DU FILM
« The Cat, The Reverend and The Slave » d’Alain Della Negra & Kaori Kinoshita
En partenariat avec l’ACNE (Association des Cinéphages de Nevers)
Jeudi 12 mai 2016 à 19h, au Café Charbon (Nevers)

INFOS PRATIQUES

Vernissage jeudi 7 avril 2016 à 17h